Le paradoxe du Vide ...
- Julie Charquet

- il y a 22 heures
- 2 min de lecture
Wú (无), le Vide = absence de.., sans …c’est bien que l’on parle de « quelque chose » qui fait abstraction d’autre chose...donc pas de « rien »...

Et dans la vision chinoise on ne peut jamais évoquer un aspect sans sous-entendre son opposé, ou sa nature complémentaire...c’est ce que les dimensions du Yīn 阴 et du Yáng 阳 nous révèlent...les deux natures étant interdépendantes.
De plus tout ce qui « est » comporte un aspect Yin et un aspect Yang. Tout aspect Yin comporte intrinsèquement une dimension Yang, et tout aspect Yang comporte intrinsèquement une dimension Yin...et cela à l’infini !
Mais avant la création de ces polarités...il y un principe Vivant ! , et pour autant « non-manifesté » ! Le Wú Jí (无极) 無 極: le « Vide Originel ».
Quelque chose qui est….Donc il y a bien une « présence »...mais dont la manifestation n’est pas encore visible...C’est comme la page blanche qui contient déjà le potentiel infini de l’écriture ...
Donc ce Vide Originel est vide...mais c’est un Vide qui est Plein !
Et plein de quoi… : de ce qui n’est pas encore, mais est à venir...où bien déjà intrinsèquement là…depuis l’éternité ?
...
C’est un Vide Plein du Mystère de la Présence.
Et cette Présence, c’est le caractère Sacré qui anime toute Vie.
...
« Animer », c’est ici dans le sens de produire de la Vie, mais aussi de mettre en mouvement...car un des grands principes fondamentaux de la vision chinoise, indéfinissable en fait...c’est bien aussi le Qì 气 / 炁 , cette nature de « mise en mouvement ».
Pour qu’une chose soit animée, il lui faut du Qi, du « souffle », qui va générer les transformations, les mouvements nécessaires pour produire de la vie.
Il y a le mouvement des nuages, prenant mille et une formes dans le ciel, mais on ne voit pas le souffle qui les anime...
Ce Vide, le « non manifesté » c’est une grande Présence, un « Souffle Originel », qui va produire les manifestations, le vivant…
Ainsi, le Vide est bien l’espace créateur par excellence. « La Voie engendre le Un. Le Un engendre le Deux. Le Deux engendre le Trois. Le Trois engendre les Dix Milles Etres. » « dào shēng yī, yī shēng èr, èr shēng sān, sān shēng wàn wù. 道生一, 一生二, 二生三, 三生万物. » Dao De Jing.
Là encore, il y a fondamentalement cette interdépendance fondatrice, ce paradoxe existentiel : « le Vide en tant qu’absence apparente….qui contient le Plein en tant que Présence non apparente. »
Le Vide, C’est le Dào. 道, la « Voie », le souffle originel qui mystérieusement nous anime. Présence. ...D’où vient-Elle ? Et où va t-Elle ?… Cherche t-Elle quelque chose ? A t-Elle une « direction, un sens de conduite » ? Ou Rien. ?
...Il n’y a que dans le vide que le Mystère peut se révéler. Le retour à cette Présence, telle est la Voie du Dao. La voie du Retour.
Alors, "...Faire de l'espace à ce vide...": que cela signifie t-il pour vous?...
« Au début était le Dao, Toutes choses en jaillissent, Toutes choses y retournent ». Dao De Jing. Trad.Stephen Mitchell.





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